Le 14 janvier 2008 à l'INHES situé à Saint-Denis (93), Madame le Ministre de l'Intérieur
dévoilait son plan d'action en faveur de la lutte contre les noyaux durs de la délinquance installés dans les zones dites de « non-droit ». Cette "Conférence de cohésion", voulue par
Michèle Alliot-Marie pour répondre aux « événements d’automne », a fait suite aux nombreuses rencontres de terrain (Montfermeil, Saint-Denis, Drancy,
etc.).
Madame le Ministre de l’Intérieur a donc annoncé qu'en Seine-Saint-Denis des sites "tests" (La Courneuve, Saint-Denis et Clichy/Montfermeil) seront dotés, dès le mois de février,
des nouvelles dispositions de son plan. Sur ces zones tests, trois axes d'action sont déclinés (principalement) :
Création d'unités adaptées au secteur d'évolution :
v Unités
Territoriales de Quartier (UTeQ) qui agiront sur un secteur défini pour lutter contre la délinquance installée, structurelle et conjoncturelle. Il ne s’agit donc pas de faire de la prévention
primaire comme la police de proximité a pu le faire à une époque ;
v Compagnies de
Sécurisation (CS) qui seront amenées à lutter contre toutes les formes de débordement spontanées en amont des Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) ;
v Intensification de l’action des Groupes d’Intervention Régionaux (GIR) avec la priorité axée sur la lutte contre la
délinquance souterraine qui est économiquement puissante et crédible auprès des jeunes délinquants.
Améliorations sociales pour les "fonctionnaires de police fidélisés" :
v Fidéliser
entre 8 et 10 ans en Île de France afin de mieux connaître la délinquance et en finalité la population des quartiers. Par conséquent, de mieux gérer les primo-réitérants voire les
primo-délinquants et idéalement anticiper la post-commétance ;
v Développer une
véritable politique de logement pour les fonctionnaires de police avec l’aide des maires et des organismes spécialisés ;
v Recrutement
des conjoints au sein de la police nationale pour réaliser des tâches administratives (contrat).
Opération "Marketing" en faveur de la police nationale et de la gendarmerie
:
v Développement
des interventions en milieu scolaire pour restaurer l’image et le rôle des forces étatiques de sécurité ;
v Information et
sensibilisation en faveur des jeunes diplômés au niveau Master pour une orientation en faveur des métiers de la sécurité et notamment la police nationale et la
gendarmerie.
L'avancée semble prendre une véritable trajectoire stratégique significative en adaptant pragmatiquement « la police » au territoire sur lequel elle agit. Les maires
seront d’ailleurs sollicités pour expliquer les particularités géographiques et sociologiques de la cmmune sur laquelle ces policiers seront affectés.
De plus, et loin d’être négligeable, les avancées sociales pour les jeunes (adjoints de sécurité
compris) ne sont pas mineures car l’intégration professionnelle est véritablement pensée avec à la clé, un baccalauréat des métiers de la sécurité (option « police nationale » ou encore
mieux « sécurité publique »). La finalité de cette formation est très orientée : l’école des gardiens de la paix. Reste que cette issue n’est pas exhaustive avec les possibilités
diverses possibles comme la police municipale ou encore la sécurité privée !
Par ailleurs, la « vidéoprotection » et non « vidéosurveillance » car
psychologiquement attentatoire aux libertés publiques, sera favorisée, pour ne pas dire clairement incitée, avec le Fond Interministériel de Prévention de la Délinquance (FIPD) géré par l'Agence
nationale de Cohésion Sociale et l'Egalité des chances (ACSé). Il est vrai qu’avec la vidéoprotection, les délais d’alerte sont quasi-instantanés et la connaissance des modes opératoires devient
précise. Cela permet une réelle efficience des services de police tant municipale qu'étatique.
Notons qu’à ce sujet, le Président de la République s'est rendu, en personne, à
Sartrouville le 21 janvier dernier, pour visiter le Centre de Supervision Urbaine (CSU) de la police municipale. En effet, l’efficacité de la vidéoprotection a permis de réduire la
délinquance locale de manière non négligeable et d'obtenir un taux d’élucidation record.
Pour autant, si le plan "MAM" présente tous les « ingrédients » nécessaires à la
maîtrise des territoires criminogènes, aucune piste quant à la méthode ni même aux outils d'évaluation n'est précisée !? Le maintien de ce défaut culturel d'évaluation perdure avec le plus grand
étonnement des plus spécialisés ! Néanmoins, a-t-on véritablement intérêt à
évaluer l'action des forces étatiques de sécurité publique ?
Enfin, si la réorganisation, le management et le marketing constituent les trois axes pertinents du plan "MAM", la méthode et l'évaluation seront indispensables à son adoption
pérenne.