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Dimanche 12 septembre 2010
Châlons-en-Champagne : Deux policiers municipaux blessés à la foire-exposition
C'est une étrange affaire qui sommeille depuis maintenant une semaine à Châlons.
Hier après-midi, l'antenne départementale du syndicat national des policiers municipaux (SNPM-CFTC) l'a révélé en diffusant le double d'un courrier envoyé par ses soins au député-maire UMP de Châlons le 7 septembre.
Dans cette lettre, au ton très virulent, le syndicat affirme que dimanche dernier, deux agents postés derrière des barrières sur l'avenue des Escarnotières, afin d'empêcher l'accès sur le périmètre de la foire-exposition, ont aperçu « un véhicule venant du rond-point Jardiland accélérer et venir à vive allure sur eux. Le conducteur du véhicule ne freine pas et les agents ont juste le temps de s'écarter pour ne pas être percutés par ce dernier. Le conducteur ne maîtrisant plus son véhicule, accroche l'îlot central (piste douce) et perd des éléments de sa carrosserie (clignotants). Il ne s'arrête pas et continue sa route ».
Les deux agents municipaux, deux femmes, toujours selon le SNPM-CFTC, auraient été en arrêt de travail, avec 5
jours d'ITT chacune suite à cet événement.
« Suivies par un psychologue »
« Leur moral est au plus bas et elles sont suivies par un psychologue », précise même le délégué départemental
Christophe Martins, « si nos deux agents ne s'étaient pas écartés en sautant par-dessus les plots délimitant la piste douce, ils auraient été percutés par ce véhicule
».
Relatés tels quels les faits sont graves, mais c'est surtout la suite donnée au dossier par le parquet de Châlons qui provoque le courroux des policiers. Le conducteur est identifié, cependant « le parquet a décidé de classer sans suite l'affaire sous le prétexte que le conducteur ne les a pas percutées, a regardé dans son rétroviseur et a vu les agents se tenir debout ».
Christophe Martins n'y va pas de main morte : « Nous sommes scandalisés par cette décision, nous sommes dans une période où les forces de l'ordre sont régulièrement prises à partie et l'actualité nous le démontre chaque jour ». Puis il ajoute en lettres majuscules, « nous ne sommes pas là pour nous faire percuter par des automobilistes inconscients qui s'en tirent sans aucun désagrément ». Selon lui, il y a mise en danger de la vie d'autrui, délit de fuite, vitesse excessive et non maîtrise du véhicule. Le SNPM indique pour finir que les policiers ont fait appel de la décision du parquet et demande au député-maire de suivre l'affaire.
Le conducteur s'est excusé
Interrogé hier après-midi, juste après la diffusion de ce récit, le procureur de la République tient un discours qui tranche radicalement avec la version des policiers municipaux. Tout d'abord,
la procédure n'a pas encore été transmise au parquet… Comment dans ce cas peut-il y avoir un recours contre elle ? Le conducteur a bien été entendu, « mais à première vue les faits ne constituent
pas une infraction ». À vrai dire, seul le défaut de maîtrise du véhicule serait peut-être recevable. « Le conducteur n'était ni ivre, ni sous l'emprise du cannabis. Il était désolé et s'est
excusé plusieurs fois », précise Christian de Rocquigny du Fayel. Bref, les événements survenus dimanche dernier semblent soudain beaucoup plus banals que sous la plume du
SNPM.
Contacté à son tour, le cabinet du député-maire affirme que Bruno Bourg-Broc a entendu le message du SNPM, a
appelé le procureur et s'est fendu d'une lettre « pour l'informer que la Ville se porte partie civile ». « L'affaire va être relancée, les faits sont quand même accablants. Le conducteur a forcé
un barrage », souligne le directeur de cabinet.
Le syndicaliste Christophe Martins a été reçu en mairie par le député et
plusieurs élus du conseil municipal, dès mercredi. Problème : le procureur est formel, il n'a jamais eu Bruno Bourg-Broc au téléphone.
Alors, qui est le fautif ? Est-ce le syndicat des policiers, un organe national, qui souhaite lancer une polémique sécuritaire quitte à forcer un peu le trait ? Ou bien est-ce au niveau de la
mairie, couleur UMP, que l'on espère utiliser un fait presque courant en le grossissant volontairement ? Dernière question, quel intérêt un procureur de la République aurait-il à nier l'existence
d'une procédure ou à minimiser des actes graves ? La tournure prise par cette affaire, avec une escale assez longue en mairie, a indéniablement des teintes politiques. Bruno Bourg-Broc n'est
pourtant pas, dans son camp, le plus porté sur les questions de sécurité.
Source : L'Union
Mis à jour en octobre 2008
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